Il faut passer l’overdrive

Notre président a parlé

  • Le début de la reprise  est fixé au 11 mai, en commençant par les écoles
    Cette décision est certes contestable, mais elle est importante à double titre:
    • pour les confinés, l’objectif est clair, le bout du tunnel est visible
    • pour le gouvernement et les acteurs industriels, le but est fixé chacun doit faire en sorte que masques et tests soient au rendez-vous et que les procédures de la reprise soient en place (il y a du travail)
  • d’autres annonces de moindre importance :
    • assouplissement de l’accompagnement des mourants par leur famille
    • aide pour ceux qui étaient exclus des aides déjà mises en place

Enfin un objectif SMART1, enfin un discours de président même si 30 mn ont été nécessaires pour pour dire ces choses simples.  J’ai mal supporté les 7mn d’introduction et les 3 de conclusion pour faire un éloge larmoyant du système D dont les français ont fait preuve. 

1Simple, Mesurable, Ambitieux mais Réaliste, inscrit dans le Temps : SMART

Il a donc peut-être lu mes articles (-:)

méthode de raisonnement de criseEn effet, ce dernier discours (le 13 avril) était à la hauteur ; notre gouvernement, président en tête, a beaucoup consulté, les comités Théodule, les instances internationales ….., ce qui était certainement une bonne chose. Cependant, il y a un temps pour la concertation, un temps pour la décision et enfin un temps pour l’action. Manifestement, la phase 2, décisionnelle, vient d’être franchie. Il reste, et ce n’est pas une mince affaire, à définir les modalités d’exécution et l’exécution proprement dite : nous ne sommes pas sortis d’affaire!

Mais qui fait quoi au gouvernement?

On est en droit d’attendre d’un président qu’il préside2, d’un premier ministre qu’il gouverne et des ministres qu’ils fassent exécuter et conduisent l’action gouvernementale dans le respect des décisions  du président. Jusqu’à présent les ministres ont envoyé des messages parfois dissonants, à se demander s’il y avait un pilote dans l’avion?

2Officiellement, sous la Ve République, le président partage le pouvoir exécutif avec le Premier ministre : on parle de régime semi-présidentiel. En pratique, lorsque la majorité parlementaire lui est acquise, le président concentre l’intégralité du pouvoir exécutif, même si le Premier ministre reste chef du Gouvernement et responsable de sa politique devant l’Assemblée nationale.

Maintenant que la direction est enfin donnée, ils doivent la mettre en application chacun pour ce qui le concerne : la reprise des écoles, la fourniture des masques et des tests, tout en gardant les hôpitaux sous pression …..
Mais j’ai deux doutes

  1. , je pense que la reprise se fera sur 3 piliers :
    1. la santé (comme de juste),
    2. l’économie (on s’en doutait) mais aussi
    3. la sociologie : quid des enfants enfermés parfois victimes de violences, les seniors en EPHAD qui ont vu mourir nombre de leurs congénères et des actifs qui ont supportés leurs jeunes, leurs seniors et leur angoisse de la fin du mois et de leur emploi à la reprise? Aucune trace dans les médias de sociologues ni de psy!!!!!
  2. Notre état jacobin risque de vouloir centraliser les modalités des actions à venir, alors que la question de la reprise ne se pose pas de la même manière selon que l’on habite Paris ou la Lozère. Il faut décentraliser, l’intelligence collective n’est pas concentrée dans les seuls ministères.


Même si la décision de reprise le 11 mai vous défrise,
il faut rester positif, créatif et entreprenant,
de notre cohésion dépend la réussite de ce défi et notre avenir.

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7 réponses à Il faut passer l’overdrive

  1. Jacques BOIVIN dit :

    Merci. La longueur, l’aspect calino-thérapie auto justificatrice, l’absence apparente de plan, bref la médiocrité de la forme, m’avait masqué l’importance du fond.
    J’aurais aimé que la décision,
    – soit introduite par un bref rappel des données majeures prises en compte,
    – apparaisse comme le fruit d’un travail d’ensemble des principaux responsables,
    – en appelle à une mobilisation ordonnée des différentes capacités disponibles, à une conjugaison des efforts du sommet et de la base.

  2. John dit :

    Cet article n’est pas tout à fait exempt de critiques à l’égard de nos gouvernants.
    Je ne me lancerai pas dans cette polémique mais je rappellerai que nous avons les gouvernants que l’on mérite.
    Nous avons au pouvoir ni plus ni moins qu’une équipe de technocrates certes intelligents et bien instruits mais qui sont bien loin des véritables réalités de la population (nous l’avons vu à travers l’expérience des gilets jaunes) et qui ne sont donc pas non plus des hommes (ou femmes) d’action. Ils ne sont donc pas dans la situation de crise actuelle que nous traversons les mieux à même de nous guider …

    J’émet moi aussi des doutes sur la capacité de l’état à être à l’écoute des besoins différenciés des régions ou des communes.
    Nous retombons là sur notre mal Français spécifique constitué par cette centralisation étouffante et son parisianisme associé qui nous poursuivent sans cesse de génération en génération.

  3. schwoerer dit :

    Quand il y aura un chef d’orchestre et qu’avec les musiciens ils joueront la même partition, il sera peut-être envisageable que le public remplisse à nouveau la salle de concert. A défaut, la cacophonie existante finira par casser les oreilles des plus mélomanes d’entre nous !

  4. jean-Claude RUSSIER dit :

    Témoignage direct de TOKIO
    Salut

    Je surveille ici la situation japonaise, et n’ai pas eu le loisir d’écouter le président Macron. Je regarde aussi le situation de Singapour qui a un mal fou a sortir du LockDown

    https://www.theguardian.com/world/2020/apr/08/singapore-coronavirus-increase-revives-fears-of-post-lockdown-surge

    Il y a une forte composante géographique au problème… Dans l’archipel nippon (6000 iles), il y en a beaucoup sans le moindre cas. Idem à Tokyo où une petite dizaine de localités consitutives de la région n’ont aucun cas… Chez moi, pour 220.000 habitants nous avons … 3 cas… Mais tout est fermé , sur la base du ‘volontariat’…

    E. Blanpain

  5. jean-Claude RUSSIER dit :

    En direct de TOKIO suite

    Bon… Je lis de loin, je lis 2 opinions differentes:

    Le Pr. Raoult (IHU Marseille) dit que le pic épidémique à Marseille est passé, et que l’affaire sera terminée à la fin du printemps

    https://youtu.be/5gMj6r9t-F4

    Une opinion adverse est que le confinement empêche la constitution d’une immunité collective : cette opinion , qui va a contre de celle de Raoult est assez bien rédigée par un commentateur boursier

    ****

    Nous faisons mine d’oublier que confiner trop efficacement une population, c’est la laisser naïve face au virus.
    C’est pour cette raison que le conseil scientifique du Covid-19 réclame, quinzaine après quinzaine, la prolongation du confinement. L’argument avancé est le suivant : si nous levons le confinement maintenant, le grand pic de contamination que nous cherchions à éviter aura lieu
    C’est tout à fait vrai. Et ce le sera encore le 11 mai, dans six semaines, en juillet…
    Singapour en a fait l’amère expérience. Après avoir été considérée comme un modèle de gestion de l’épidémie grâce à savant mélange de distanciation sociale, de tests massifs et d’isolation des malades, la cité-Etat fait face à un terrible rebond des contaminations. Entre début mars et début avril, le nombre de malades a été multiplié par dix.

    ****

    on le trouve ici:

    https://la-chronique-agora.com/trois-mythes-francais-covid-19/

    Quel est le rôle de la géographie dans cette affaire ?

    Le Japon, archipel, espère enrayer et éliminer le virus à la facon SRAS 1.0 : on pousse la courbe vers le bas, vers le bas et hop, ca touche zero et reste à zero 2-3 mois: c’est fini.

    Ca, ca marche très bien sur une ile, isolée du reste du monde.

    C’est le problème du porte avion ou de la maison de retraite.

    La ‘technique’ Japonaise, et taiwaise, voire chinoise est jouable à condition de pouvoir ‘fermer’ le pays, de façon stricte et durable. Un cordon sanitaire des plus draconiens

    La technique de l’immunité de groupe , à la Suedoise, et par défaut de mieux, à la francaise, est une stratégie défendable. mais c’est exactement l’inverse, et aussi incompatible que l’huile et l’eau, le Ying et le Yang

    Le problème qui se pose à moi, et aux Japonais, c’est que tant que l’épidémie n’est pas résolue hors du Japon, ce qui peut prendre des mois, le Japon ne peut rétablir ses relations avec le monde extérieur.

    Et moi… je suis dans la bulle.

    On pourrait voir la situation suivante, envisagée à cause des Jeux Olympiques, où le Japon a jugulé la crise et éliminé le virus de son territoire (au prix d’un effort économique énorme) , et, en tant qu’hôte des jeux, dit, ca y est les gars, c’est OK chez nous, mais que personne ne puisse venir car l’épidemie fait rage à l’extérieur.

    Donc… C’est amusant…

    Bonne Continuation
    Eric

  6. Jean-Michel MARINO dit :

    Notre pays a au moins un atout, celui de disposer d’un exécutif sans discorde interne, avec une majorité parlementaire large pour prendre toute décision.
    La démarche de fixer un cap général me paraît correcte, il sera bon que les modalités soient adaptées aux conditions générales sanitaires du moment et surtout aux conditions locales. Il n’est pas exclu que l’application des mesures de distanciation (sic) ne soit pas suffisante, mais un territoire exempt le 11 mai d’hospitalisations pour le Covid 19 devrait pouvoir se libérer progressivement plus tôt de certaines contraintes.
    Parler d’Overdrive maintenant n’est il pas prématuré, un Drive approprié est seulement requis (d’ailleurs Carrefour l’a bien compris…) ?

  7. Jean-Michel HARAULT dit :

    Le confinement risque fort de s’inscrire dans la durée. En effet un dé-confinement trop rapide risque de relancer la pandémie. D’un autre côté, il faut maintenir notre économie à un niveau raisonnable.
    C’est la quadrature du cercle.
    Seuls le bon sens, la discipline et le respect des instructions données en matière de précautions pourront nous sortir de cette impasse. Les gaulois en sont-ils capables?…
    De plus, comme le dit le vieux proverbe: « a toute chose malheur est bon ». En effet, cette crise devrait nous faire réfléchir à l’après et profiter de cet arrêt pour redémarrer
    sur une autre approche de notre société . Réfléchir aussi sur les limites d’une mondialisation débridée et mortifère pour les petits états.

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