Nous entrons enfin dans le 21° siècle

L’histoire ne fait jamais coïncider les siècle avec le calendrier, mais avec un changement de paradigme. Aussi, la question de savoir quand le XXI° siècle commence réellement me semble légitime.

Quelle est la marque du XX° siècle?

Le XX° siècle a connu deux guerres mondiales particulièrement meurtrières (plus jamais cela) suivie de périodes de reconstruction et de progrès. Le nucléaire, la chimie du charbon et du pétrole, l’industrie agro-alimentaire se développent rapidement sur fond de guerre froide. Les femmes s’émancipent et l’homme marche sur la lune. Les 30 glorieuses sont suivies de l’effondrement de l’URSS et de la réunification de l’Allemagne ; la voie est libre pour un capitalisme sans contrainte.
Dés lors, les inégalités se creusent, les parachutes dorés sont indécents, les gouvernements manquent de courage et la dette augmente et le politiquement correct s’impose.

La rupture du Covid 19

Le résultat est devant nos yeux étonnés : pas de gels hydro-alcooliques, pas de masques, pas de gants, pas de tests. Le gouvernement est incapable de donner les moyens de se protéger à ceux qui en ont besoin. Nous sommes dirigés par un Jupiter de pacotille, le ministre de la santé quitte son poste au moment critique : rien ne va plus dans notre démocratie.
Le confinement nous donne le temps de faire une pause et de réaliser, enfin, les failles de notre système.
Plusieurs questions se posent pour changer de paradigme:

  • faut-il relocaliser certaines productions nécessaires à notre indépendance nationale ?
  • Comment conserver ce lien social essentiel que le travail  nous offre (merci MASLOW) ?
  • L’Europe est particulièrement désunie dans l’adversité, ne doit-elle pas revoir ses institutions et traités ?
  • Notre système politique est un empilement de structures gourmandes en énergie (communes, communautés de communes, métropoles, départements, régions …) Ne faut-il pas simplifier et amaigrir ce système ?
  • Comment simplifier les règlementations complexes et parfois contradictoires, ainsi qu’une administration tatillonne ?
  • Ne faut-il pas remettre de l’ordre dans nos finances publiques ?

Pour répondre à ces questions, il ne faut pas un gouvernement de « grands diseux » (et « petits faiseux » comme disent les normands) mais au contraire de responsables compétents commandés par un chef charismatique et expérimenté doté d’une belle personnalité. Les périodes de crise font souvent émerger ce genre de  personnalité : espérons.

Pour ma part, je pense que nous sommes entrés définitivement dans le XXI° siècle.

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16 réponses à Nous entrons enfin dans le 21° siècle

  1. ALAIN GARY BOBO dit :

    Jean Claude , bonjour ,
    ton coup de gueule est légitime ; je n’adhère pas complètement car je reste persuadé que « la critique est aisée mais l’art est difficile « … je ne crois pas juste de traiter ainsi le président Macron sans lui faire crédit des efforts de réformes entrepris ( et pour certains même aboutis ….) et de sa gestion actuelle de la crise ; il faut tenir compte de la gestion cataclysmique sans précédent dans le sectarisme et l’incurie de Madame Marie Sol Touraine , la vraie responsable de pénurie de moyens matériels et humains de nôtre système de santé d’ailleurs malgré tout tellement performant ! Etant en train de relire certains de ses écrits , je livre à ta réflexion ces quelques lignes d’Alexis de Tocqueville:
    « il faut que les gouvernements s’appliquent à redonner aux hommes ce goût de l’avenir, qui n’est plus inspiré par la religion et l’état social, et que ,sans le dire , ils enseignent chaque jour pratiquement aux citoyens que la richesse , la renommée, le pouvoir, sont les prix du travail; que les grands succès se trouvent placés au bout des longs désirs et qu’on n’obtient rien de durable que ce qui s’acquiert avec peine . »

    • jean-Claude RUSSIER dit :

      Je suis largement d’accord sauf en ce qui concerne la capacités de nos gouvernants. J’ai connu beaucoup de patrons dans des circonstances très diverses et je pense réellement que nous sommes mal gouvernés.

  2. Louis KOHN dit :

    Cher Jean-Claude,

    Tout n’est pas aussi tranché, dans ce que tu décris sur la gestion contextuelle du Covid.

    Déjà, si notre population était aussi disciplinée que celui de la Corée du Sud, la gestion en serait bien plus aisée. Mais caractère Latin, quand tu nous tiens …

    Ensuite la gestion proprement dite. De Gaulle disait  »Gouverner c’est prévoir. Et prévoir, c’est anticiper l’avenir ». Nos gouvernants Français depuis qq décennies, (depuis Pompidou, en fait) ont perdu ce sens élémentaire de la projection du pays, quand ils étaient au pouvoir… Même Mitterrand pensait plus à l’avenir de sa postérité dans l’Histoire plutôt que la position de la France dans le futur.  »Après moi le déluge » qu’il disait. Ah non, ça c’était aussi De Gaulle !!! (lol).

    Cela dit s’entourer de pros comme l’a fait Macron n’est pas suffisant. Ce sont des techniciens, pas des gestionnaires. Et doivent gérer avec des moyens qui auraient du être anticipés par les gouvernements précédents. Encore une fois, ce n’est jamais mauvais de voir comment procèdent les autres pays. Ainsi l’Allemagne, qui déplorent moins de décès que nous parce qu’ils avaient une politique de santé publique bien plus aboutie que la notre.

    Je ne porte pas la Macronie particulièrement dans mon cœur, tant s’en faut. Mais il faut lui reconnaître qu’il essaie de gérer la crise avec les moyens du bord, que lui ont laissé ses prédécesseurs en héritage. Et certes, c’est pas gagné …

    Quand à revoir les structures de l’Europe, les nôtres, la mondialisation, ça c’est un tout autre débat qui nous dépasse un peu … beaucoup

    • jean-Claude RUSSIER dit :

      Merci pour cette réaction, mais je reste convaincu que cette manière de gouverner est maintenant dépassée, il faut inventer autre chose. Quant à notre président à chacune de ses interventions, je suis triste : 30mn pour dire 2 décisions, je m’endors.

  3. REYDELLET GUY dit :

    Mr Russier bonjour,
    Je vous rejoins parfaitement dans votre analyse sur la situation. Au XIX siècle Thiers citait « gouverner c’est prévoir ». Que dire sur la gestion calamiteuse des différents problèmes que notre gouvernement actuel a rencontré, pour rappel : affaire BENALA (cette petite frappe va jusqu’à passer devant la commission d’enquête sénatorial), affaire des gilets jaunes (la france bloquée pendant des mois, sans parler des casseurs), les retraites (bis repetita), affaire Grivaux (c’est pitoyable), les élections municipales (il faut aller voter, le comité scientifique est ok), quelques heures après, le confinement pour tout le monde (sur l’analyse du même comité scientifique). Chômage partiel pour tout le monde. 24 h après sauf pour ceux qui peuvent travailler de chez eux. Pour le bâtiment il faut reprendre le boulot (sans l’aval du comité scientifique, bizarre!!). Nous avons une réserve de 1.5 millions de masques, mais on ne les distribue pas, pourquoi ? Une question est posée à notre ministre de la santé, sur l’installation d’autres hôpitaux mobiles de l’armée dans d’autres villes, il nous fait une réponse politicienne…..pour nous dire que non, et il y a urgence. Pour ce qui est de la sortie de crise je pense qu’ils sont en train de consulter le comité économique 😀. Comme vous le savez Mr Russier, mon métier repose principalement sur la confiance, la gestion d’une crise repose encore plus sur le même principe. Et pour finir, pour répondre à Mr Gary-bobo “Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme.” W. Churchill. Je vous souhaite bon courage et je me permettrai de revenir vers vous. Bien Cdt. Guy

  4. dominique SALIBA dit :

    Que les français soient indisciplinés est une donnée connue que le gouvernement a pu expérimenter au cours des conflits récents ; donc l’indiscipline face à l’annonce du confinement aurait pu être anticipée et non a posteriori déplorée.

  5. Jean-Michel Marino dit :

    Je pense que le 21 ème siècle à débuté lorsque la communication non orale n’a plus nécessité de papier. L’effet de l’épidémie actuelle ne pourra être bien évaluée que lorsque ses conséquences seront stabilisées. Le principal effet sera probablement économique, la crise de 1929 n’a pas été le marqueur d’un début de siècle.

  6. FRERE José dit :

    Salut Jean-Claude,
    je ne partage pas la totalité de ton analyse. Le début du XXIème siècle est à mon sens marqué par la révolution numérique (3ème véritable révolution que celle de l’information après l’écriture, puis l’imprimerie … ) que nous n’avons pas encore apprivoisée. Les nouvelles se propagent plus rapidement que la pandémie à laquelle nous sommes soumis. Deux éléments de réflexion : on nous fait croire que nous pourrions être éternels ou presque.. et que les décisions pourraient être partagées par le plus grand nombre (démocratie participative)… La réalité de notre monde se rappelle à ceux qui ne trouvent bonheur que dans le virtuel …

    • jean-Claude RUSSIER dit :

      Bonjour José,
      D’après toi le début du siècle est marqué par l’arrivée du numérique. A quelle date alors? 1980?

  7. Patrick Labit dit :

    Bonjour Jean-Claude,
    A l’instar de certains de tes commentateurs, je te trouve sévère vis à vis de Macron.
    La rupture du COVID-19 marque certes une rupture qui fait apparaître nombre de manquements et d’erreurs. Mais dans cette crise en particulier, il s’entoure de scientifiques et d’experts caractérisés par leur haut niveau et non par leur sensibilité « politique », au contraire de ce qu’aurait fait, et ce qu’a fait dans d’autres cas, le gouvernement précédent. C’est ainsi que l’on peut trouver le Pr Raoult, quoi qu’on puisse en penser, dans son haut comité. Donc on progresse. Pas facile à gérer quand même…

    • jean-Claude RUSSIER dit :

      Je suis sévère il est vrai, mais la communication, les décisions sont confuses. Plus c’est la crise et plus il faut être clair dans ses décisions comme dans sa com. Désolé, pas le cas de Jupiter qui devrait réviser les bases : le SMIEPP qu’un certain le Thiec s’était échiné à nous inculquer.
      Très amicalement

  8. Le marqueur du 21ème siècle pourrait être l’exigence exprimée haut et fort.
    On veut plus de choses, plus vite, gratuites de préférence. Et on le clame et le réclame. On ne se contente plus de descendre dans la rue, on utilise les réseaux sociaux, on fait circuler des fausses nouvelles. On se méfie des politiques, des dirigeants, des syndicats, de tout le monde… et on veut les changer en le clamant haut et fort.
    Mais ce n’est pas parce que l’on crie haut et fort que l’on a raison. Les choses sont plus nuancées…

  9. Jacques BOIVIN dit :

    Bravo pour ton initiative et ton analyse que je partage très largement.
    Quand j’ai un doute sur un patron, je regarde son entourage, sachant qu’il ne peut faire illusion.
    Or ce test est lumineux (je peux développer). Oui la communication est longue, brouillonne, contradictoire et ignore qu’un ordre mal exécuté a été mal donné !

    Je mets par ailleurs à ta disposition quatre textes qui devraient t’intéresser.

  10. Coudrain Anne dit :

    Bonjour Jean-Claude,
    Je te remercie de cette incitation à partager autour de l’entrée dans le XXIème siècle.
    Du côté de la pandémie et de ce qu’elle soulève comme humeurs et comme élans chez chacun de nous, je voudrais partager avec vous quelques axes présentés par Bertrand Piccard hier soir en réponse à des questions de journalistes et d’auditeurs (https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-03-decembre-2019). La situation bouleverse et est une invitation à sortir de la prison de nos convictions. Une épreuve à vivre comme celle-là force à repenser le sens de son existence de son lien aux autres – comment être utile. Se reconnecter à l’essentiel est une autre manière de vivre. Les leçons à tirer pour l’après pandémie : sortir de l’appat du gain, relocaliser, arrêter de détruire l’environnement. Aujourd’hui les ENR, le recyclage, … sont bons non seulement pour l’environnement mais pour l’économie. Le risque majeur est qu’à la sortie ce soient les vielles technologies qui soient ré-employées. Comment changer collectivement de paradigme ? Faire connaitre ses priorités – les manifester.
    Une autre référence que j’ai envie de partager : Atlas de l’anthropocène https://www.franceculture.fr/oeuvre/atlas-de-lanthropocene donne les cartes pour susciter l’envie d’agir et de penser autrement.
    Courage pour supporter l’inconnu, confiance pour détecter en soi la vitalité ….
    bises de loin, Anne

  11. Jacob Maurice dit :

    Jean-Claude la situation sanitaire actuelle est la parfaite démonstration de ce que tu soulignes, à savoir que le gouvernement actuel hérite d’une politique nationale liée à un système international de tout pour le profil. Cela a conduit à déporter certaines de nos industries et notamment une partie des laboratoires pharmaceutiques. Le savoir et les capacités techniques ne sont certes pas perdus mais on été vendus à des groupes internationaux pour lesquels le mot santé se conjugue en combien cela peut rapporter. Espérons que ce fichu virus va permettre de revitaliser nos savoirs et remettre en marche nos unités nationales de production. Peut-être qu’également cela fera prendre conscience à une partie de nos concitoyens et de l’humanité, que vivre autrement est possible en se désolidarisant des publicités où tout nouveau modèle de smartphone et autre est le progrès dont on ne peut se passer. On peut rêver. Bravo Jean-Claude pour nous permettre de réfléchir.

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