Crise des migrants (suite)

suite de l’article du 29 octobre 2015

La crise, quelle crise?

Le vocable de crise est à la mode, il permet aux journalistes d’attirer l’attention dans une mode du catastrophisme ambiant. Ce mot est du coup totalement galvaudé. Il convient de revenir aux fondamentaux :

La crise est la conséquence de tout événement non attendu, qui  bouleverse le fonctionnement d’une organisation.

Une approche cyclique

Ce contexte d’urgence pousse, si l’on n’y prend pas garde,  à adopter des comportements décousus et sans logique, alors qu’il faut, au contraire, faire preuve de la plus grande logique et rigueur (ne pas confondre avec rigidité). Une approche cyclique est conseillée où chaque cycle reprend le cycle précédent en l’adaptant aux circonstances nouvelles.

  1. Il s’agit de définir l’organisation, la logistique les objectifs de haut niveau de cette organisation.
  2. Puis d’analyser la situation avec exhaustivité
  3. Puis de concevoir et définir la réponse à apporter
  4. Enfin, il faut passer à l’action

Selon les résultats obtenus et l’évolution de la situation, in conviendra de reprendre un nouveau cycle.

La Crise des migrants est-elle une vrai crise?

A en juger par la pagaille qui semble présider durablement aux prises de position, aux différentes politiques et à l’accueil  des réfugiés au sein de l’Europe et même en France, oui nous sommes confrontés à une vrai crise. L’exode massif des migrants n’avait pas été prévu, il a pris de court tous les gouvernements et la commission européenne, incapables de maîtriser avec efficacité et humanité ce phénomène.

Les décideurs n’ont pas été à la hauteur de ce défi.

Mais pourquoi?

Des raisons structurelles, résultats du passé

Absence de PESC (politique extérieure et de sécurité commune) :

L’Europe que nous connaissons s’est construite autour de préoccupations géopolitiques pour contenir l’Union Soviètique puis la Russie. Il en résulte une mosaïque de pays de cultures et d’histoires disparates et peu cohérentes.

Risque réel mais non perçu :

L’espace Schengen a été conçu et mis en oeuvre compte non tenu d’une catastrophe humanitaire générant des flux migratoires massifs.

Ingérence de l’occident au moyen orient avec les référentiels de l’occident

Avec un brin de suffisance, l’occident s’immisce dans la moyen orient brandissant une morale inopérante dans les pays concernés (Irak, Syrie, Lybie). Il en va de même de l’affaire ukrainienne.

Une incapacité méthodologique à gérer cette crise

Et maintenant, l’Europe est incapable de gérer la crise faute d’un minimum de méthode :

-Initialisation quasi inexistante ( Absence de politique sur cette crise, aucune organisation cellule de crise ou instance centrale en charge du dossier, pas de procédures pour communiquer et décider)
– Analyses divergentes par pays
– Décisions décentralisées par pays (je ferme ma frontière, j’ouvre ma frontière …..)

BREF, C’EST LA PAGAILLE

Et en France? Pas beaucoup mieux, il ne semble pas que la décentralisation de l’accueil au niveau local soit à la hauteur du défi.

Et après

Ce n’est pas parce que la presse se focalise sur des thèmes plus sensationnels que la crise est réglée. Au contraire, elle s’installe durablement (faites un tour à Menton pour vous en persuader). La solution turque n’est pas pérenne, elle n’est qu’une passe à l’aile, une fuite de l’Europe face à ses responsabilités. Il est probable que le temps fera office de pansement, mais les séquelles pour l’Europe et les migrants dureront longtemps.

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